Politiques familiales nationales

Session publique du 24 novembre 2025

Intervention de Sylvaine Scaglia

Conseillère départementale du Canton de Saint-Max

Madame la Présidente,

Le gouvernement envisage actuellement des mesures qui inquiètent fortement les familles de notre territoire : d’une part, le décalage de l’âge ouvrant droit à la majoration des allocations familiales, qui passerait de 14 à 18 ans à partir du deuxième enfant ; d’autre part, la suppression du crédit d’impôt pour les frais de scolarité des collégiens, lycéens et étudiants.

Or, rappelons le, le 16 janvier 2024, lors de sa conférence de presse, le Président de la République, Emmanuel Macron, annonçait solennellement un « réarmement démographique » et affirmait vouloir faire de la natalité et de la famille une priorité nationale. Comment, quelques mois plus tard, justifier des décisions qui réduisent concrètement le soutien aux parents et fragilisent le pouvoir d’achat des familles ? On ne peut pas appeler à relancer la natalité d’une main et reprendre des moyens essentiels aux familles de l’autre.

Ces annonces sont profondément contradictoires avec les discours tenus. Elles représentent un affaiblissement du soutien financier déjà insuffisant accordé aux familles, alors même que tout augmente : alimentation, transports, fournitures scolaires, loisirs et culture. Ce sont les familles qui « tiennent » notre société, qui élèvent les futurs citoyens, et qui subissent aujourd’hui de plein fouet l’explosion du coût de la vie.

Les familles ne sont pas une variable d’ajustement budgétaire. Ce sont les piliers de nos territoires. Sans elles, pas d’avenir, pas de dynamique démographique, pas de vitalité dans nos écoles, nos associations, nos communes.

Notre Département se veut, de par ses compétences, proche des familles et acteur de la solidarité territoriale. Or, si ces mesures sont mises en oeuvre, les difficultés se reporteront vers les services du Département, qui devront faire face à une augmentation des demandes d’aides sociales. Autrement dit, l’Etat se désengage, et le Département devra compenser.

Aussi, Madame la Présidente, je vous demande :
1. Quelle analyse faites-vous de l’impact concret de ces décisions sur le pouvoir d’achat des familles de notre département ?

2. Le Département compte-t-il intervenir auprès du Gouvernement et de l’Association des Départements de France, pour défendre le maintien d’un véritable soutien aux familles ?

3. En cas de confirmation de ces mesures, quels dispositifs le Département compte-t-il mobiliser pour protéger les familles et éviter qu’elles ne soient les premières victimes de ces arbitrages budgétaires ?

Les familles méritent mieux que des discours. Elles méritent des actes.

Je vous remercie.

Sylvaine SCAGLIA