Lesbos : 500 mineurs à accueillir

Session publique du 28 septembre 2020.

Question d’actualité de Sophie MAYEUX

Conseillère départementale du canton de Nancy-1

Monsieur le Préfet de Meurthe-et-Moselle,
Madame la Présidente,
Chers Collègues,

Les 8 et 9 septembre derniers, plusieurs incendies successifs (sur lesquels enquêtent les autorités grecques) ravageaient le camp surpeuplé de la Moria sur l’ile Grecque de Lesbos. Conçu en 2013 sur un site militaire désaffecté pour servir de centre d’enregistrement administratif, ce centre devait à l’origine accueillir 2 200 personnes. C’était sans compter les chaos de la situation géopolitique qui ont conduit cette île, séparée des côtes turques par 4km de mer, à devenir l’une des principales porte d’entrée des migrants en Europe.

Désormais baptisée « la jungle », le camp – par ailleurs impacté par la crise sanitaire du Covid 19 – abritait au moment de l’incendie : 12 700 demandeurs d’asile dont 4 000 enfants.

Suite à ces incendies et pour répondre à l’urgence humanitaire auprès de ces milliers de personnes sans abri, l’Union Européenne, appelée à l’aide, a proposé la prise en charge de 400 mineurs non accompagnés. De son côté, notre Président de la République a promis – je cite – que : « notre pays serait au rendez-vous de la solidarité avec la Grèce » et prendrait en charge d’ici fin septembre une centaine de mineurs non accompagnés.

De fait, c’est bien l’État qui est responsable de la politique migratoire. Pour autant, Monsieur le Préfet, la responsabilité de l’accueil et de la mise à l’abri des Mineurs Non Accompagnés (MNA) relève des Départements. Dans notre département, le budget consacrée à cette seule politique dépasse aujourd’hui les 11 millions d’euros, alors qu’il n’était que de quelques centaines de
milliers il y a encore quelques années.

Durant ce mandat, nous sommes passés de 25 à plusieurs centaines de Mineurs Non Accompagnés pris en charge. Pas plus tard que le 14 septembre dernier la majorité départementale a entériné un nouveau programme immobilier à Laxou de près de 7 Millions d’Euros visant à loger dans les prochaines années jusqu’à une centaine de personnes.

En Meurthe-et-Moselle, comme partout en France, les agents de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) comme ceux du Réseau éducatif de Meurthe-et-Moselle (REMM) savent se mobiliser dans l’urgence. Il convient néanmoins d’être conscient que, faute d’effectifs suffisants (pour cause de congés, de maladie, de départ non remplacé, de crise Covid-19 et face aux besoins générés par une prise en charge croissante en Meurthe-et-Moselle de mineurs non accompagnés, ces agents ou éducateurs exercent leurs missions d’encadrement dans des conditions de travail de plus en plus
complexes, difficiles. Certains, faute parfois de formation adaptée, se disent démunis voire à bout !

Autre constat : des actes – même isolés – ayant pu concerner certains de ces jeunes enfants non accompagnés, placés sous la responsabilité du Département, ne doivent pas être regardés comme de simples faits divers. Sans soulever la question du « projet de vie » à co-construire avec ces Mineurs non accompagnés, nous continuons à penser que dans le seul contexte de l’accueil et de l’encadrement des enfants mineurs non accompagnés : 2 éducateurs pour 20 à 25 enfants, c’est plus qu’insuffisant le jour… et que dire de la nuit, en particulier pour des adolescents !

Pour en revenir à l’urgence de la situation à Lesbos, avez-vous à cette heure, Monsieur le Préfet, des précisons à nous apporter concernant la répartition et le profil de ces 400 enfants mineurs non accompagnés que nous allons accueillir en France ? Est-il prévu que la Meurthe-et-Moselle en accueille certains ? Sous quelles conditions sanitaires notamment liées au Covid 19 ? Enfin, si tel est le cas, pouvez-vous nous préciser si nous pouvons compter sur un soutien financier supplémentaire, ne serait-ce qu’au titre de la phase d’évaluation ?

Je vous remercie pour vos réponses.

Sophie MAYEUX